Questions-réponses: Passeport biologique de l'Athlète

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Qu'est-ce que le Passeport biologique de l'Athlète?

Le principe fondamental du Passeport biologique de l'Athlète est basé sur le suivi de variables biologiques sélectionnées qui révèlent indirectement les effets du dopage, par opposition à la détection directe traditionnelle du dopage. La traçabilité biologique durant toute la carrière d'un sportif devrait rendre les préparations interdites beaucoup plus délicates à mettre en œuvre.

Le Passeport biologique de l’Athlète est utilisé pour remplir le double objectif de poursuivre de possibles violations des règles antidopage selon l’article 2.2 du Code mondial antidopage (le Code) – usage ou tentative d’usage par un sportif d’une substance interdite ou d’une méthode interdite – et d’appuyer un ciblage plus intelligent des sportifs dans le cadre du contrôle conventionnel du dopage.

Comment ce concept a-t-il été développé?

Le concept du Passeport de l'Athlète a été évoqué pour la première fois par l'AMA en 2002.

Le travail dans ce domaine s'est intensifié suite aux questions soulevées par l'AMA lors des Jeux olympiques d'hiver de 2006 au sujet des « interdictions de départ » infligées à des sportifs par leurs fédérations suit à des contrôles de santé ayant révélé des taux élevés d'hémoglobine. Des préoccupations ont été exprimées à ce moment-là à propos des résultats et de leur lien potentiel avec le dopage.

Consciente des différentes approches du profilage sanguin dans différents sports, l'AMA a organisé une réunion afin de renforcer les échanges d'informations et de trouver un consensus sur cette question. Les participants à cette réunion – représentant notamment la Fédération internationale de ski (FIS), l'Union internationale de biathlon (IBU), l'Union internationale de patinage (ISU), l'Union cycliste internationale (UCI) et l'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) – se sont entendus pour que l'analyse des variables sanguines soit considérée comme faisant partie du processus antidopage dans la mesure où celle-ci peut contribuer à identifier des profils anormaux, et pour que l'AMA organise des réunions de suivi incluant notamment des experts dans le domaine de l'hématologie.

Au cours d'une série de réunions, ce groupe est arrivé à un consensus voulant que l'analyse longitudinale des variables sanguines des sportifs devrait être enregistrée dans une base de données et utilisée à des fins de ciblage des contrôles et de sanction quand des valeurs anormales sont observées.

À quel stade de la mise en place du Passeport de l'Athlète l'AMA se trouve-t-elle?

Le Comité exécutif de l’AMA a approuvé des protocoles et des lignes directrices opérationnelles harmonisés pour le Passeport biologique de l’Athlète lors de sa réunion du 1er décembre 2009. Ces protocoles et lignes directrices, qui sont entrés en vigueur immédiatement, offrent aux organisations antidopage (OAD) du monde entier un cadre robuste et harmonisé pour mettre en place cette stratégie complémentaire prometteuse dans le cadre de la lutte contre le dopage dans le sport.

Bien que le concept soit simple, dans la mesure où des modèles ont déjà été validés pour un usage étendu dans d'autres domaines tels que l'épidémiologie, la médecine légale et la surveillance vétérinaire, plusieurs éléments clés devaient être pris en considération avant son utilisation étendue dans le domaine de l'antidopage.

Afin de répondre à la complexité de cette situation, l'AMA a développé une stratégie à plusieurs niveaux incluant l'examen des questions juridiques et la nature des décisions disciplinaires possibles, de même qu'une étude de faisabilité et la mise en place de stratégies prenant en considération les caractéristiques et spécificités des différents sports.

Que fait actuellement l’AMA dans le cadre du développement du Passeport biologique de l’Athlète?

En tant qu’organisation internationale indépendante responsable de coordonner et de superviser la lutte contre le dopage dans le sport, le rôle et le mandat de l’AMA ne sont pas d’intervenir au niveau opérationnel dans des sports spécifiques, mais de fournir des protocoles harmonisés.

À la suite d’une procédure de consultation étendue impliquant des experts et les organisations partenaires de l’AMA, l’Agence a préparé des lignes directrices, ainsi que des protocoles harmonisés pour la collecte, le transport et l’analyse des échantillons sanguins, de même que pour la gestion des résultats.

Le document qui a résulté de cette consultation – les lignes directrices opérationnelles pour le Passeport biologique de l’Athlète de l’AMA – a été approuvé par le Comité exécutif de l’AMA le 1er décembre 2009. Ce document fournit une vue d’ensemble des principes scientifiques appuyant le module sanguin du Passeport biologique de l’Athlète et des renseignements pratiques pour la mise en place d’un tel programme. En outre, il inclut des exigences obligatoires pour la collecte, le transport et l’analyse des échantillons sanguins, de même que pour la gestion des résultats, que les OAD désirant adopter le modèle de l’AMA devront suivre pour garantir une cohérence dans leur application et le respect du Code mondial antidopage et des Standards internationaux associés.

Les lignes directrices opérationnelles pour le Passeport biologique de l’Athlète ont été créées pour harmoniser les résultats du suivi de variables dans le cadre du Passeport biologique de l’Athlète, afin d’assurer leur solidité juridique et scientifique. Cependant, le concept du Passeport biologique de l’Athlète de l’AMA ne diminue en rien la validité et l’efficacité des programmes de suivi longitudinal existants menés actuellement par des OAD. Le modèle du Passeport biologique de l’Athlète de l’AMA est avant tout destiné à fournir aux OAD un cadre robuste et harmonisé pour poursuivre des violations des règles antidopage en conformité avec l’Article 2.2 du Code mondial antidopage (Usage ou tentative d’usage d’une substance ou méthode interdite) et appuyer des contrôles ciblés et intelligents.

L’AMA continue de développer le Passeport en travaillant sur un module endocrinien incluant le profilage stéroïdien.

Le Passeport biologique de l'Athlète remplacera-t-il les contrôles traditionnels?

Les contrôles de l'urine et du sang, qui sont des contrôles toxicologiques, seront maintenus et améliorés grâce à des méthodes analytiques toujours plus sophistiquées, mais ils seront toujours davantage combinés à des outils tels que le suivi biologique.

Au vu des défis posés par les méthodes biotechnologiques actuelles et futures, une approche toujours plus globale et biologique, similaire aux méthodes utilisées dans la science forensique, est nécessaire pour répondre avec une efficacité renforcée.

La lutte contre le dopage repose sur plusieurs stratégies comprenant le contrôle direct des sportifs, mais aussi des preuves réunies dans le contexte de violations des règles antidopage sans contrôle positif. En combinant ces stratégies, et en en développant d'autres pour répondre aux menaces émergentes, la lutte contre le dopage gagne en efficacité.