Questions-réponses : Contrôle de l’hormone de croissance

(Veuillez lire également l'article sur la recherche et la détection de l'hormone de croissance paru dans le numéro 2, 2007 de Franc Jeu.)

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Qu’est-ce que l’hormone de croissance?

L’hormone de croissance est une hormone produite naturellement par le corps. Elle est synthétisée et sécrétée par des cellules de l’hypophyse antérieure, située à la base du cerveau.

L’hormone de croissance agit sur de nombreux aspects du métabolisme cellulaire et est nécessaire à la croissance du squelette humain.

Le rôle principal de l’hormone de croissance est de stimuler la sécrétion de facteurs de croissance analogues à l’insuline (IGF-1) par le foie et par d’autres tissus. L’IGF-1 stimule la production de cellules de cartilage, résultant en croissance osseuse, et joue également un rôle clé dans la croissance musculaire et des organes.

L’hormone de croissance est interdite en et hors compétition dans la Liste des substances et méthodes interdites de l'AMA.

Quels effets l’hormone de croissance peut-elle avoir sur la performance sportive?

La littérature scientifique et la recherche ont montré, en particulier, que l’hormone de croissance avait un impact ergogénique et anabolique et qu’elle augmentait le potentiel anabolisant des stéroïdes.

Quels sont les effets secondaires de l’abus d’hormone de croissance?

Les effets secondaires communément rapportés de l’abus d’hormone de croissance comprennent le diabète chez certaines personnes; l’augmentation de troubles cardiovasculaires et de l’arthrite; les douleurs musculaires, articulaires et osseuses; l’hypertension; des troubles cardiaques; et la croissance anormale de certains organes.

Chez des individus acromégales non traités (connus pour une hyper-production pathologique d’hormone de croissance), un grand nombre de symptômes décrits ci-dessus sont observés, et l’espérance de vie est significativement réduite.

En raison du rôle joué par l’hormone de croissance dans la stimulation de la sécrétion d’IGF-1, l’usage excessif de l’hormone de croissance peut aussi provoquer des dysfonctions métaboliques telles qu’une intolérance au glucose et d’autres effets secondaires liés aux niveaux excessifs d’IGF-1.

Existe-t-il un test de détection de l’hormone de croissance?

Un test de l’hormone de croissance a été introduit aux Jeux olympiques d’été d’Athènes (Grèce), en 2004. Ce test est un test sanguin.

Le test de l’hormone de croissance est-il fiable?

Le test actuel, basé sur les immunodosages, est robuste et fiable.

Un autre test basé sur la matrice sanguine, dans sa phase finale de développement, sera combiné avec le test actuel afin d’étendre la fenêtre de détection de l’abus de cette substance. Ce test, dont le développement a été financé en partie par l’AMA, est basé sur des biomarqueurs.

Les concepts et le développement des deux tests de l’hormone de croissance ont été systématiquement révisés par des experts internationaux indépendants – spécialisés dans des domaines tels que l’hormone de croissance, l’endocrinologie, l’immunologie, la chimie analytique, la pharmacologie et le travail de laboratoire – et publiés dans des revues scientifiques internationales.

Cette recherche a été lancée par le Comité international olympique (CIO) et l’Union européenne, puis poursuivie par l’AMA (créée fin 1999) quand celle-ci a lancé son programme de recherche scientifique en 2001.

Pourquoi la mise en place du test de l’hormone de croissance a-t-elle été limitée?

Le test actuel est basé sur la matrice sanguine et n’a été initialement mis en place qu’à une échelle réduite dans un nombre limité de laboratoires antidopage accrédités par l’AMA.

Les anticorps utilisés pour le test actuel ont été initialement produits dans un environnement de recherche. La production d’anticorps dans un environnement de recherche est par nature limitée.

L’étape suivante a été la production industrielle d’anticorps pour la mise en place à plus grande échelle du test de l’hormone de croissance. Les efforts réalisés par l’AMA en vue de la production à grande échelle des anticorps nécessaires à la détection de l’hormone de croissance ont été ralentis par le rachat de la société avec laquelle l’AMA avait un accord pour la production des anticorps et la décision de la nouvelle direction de cette société de cesser sa collaboration avec l’AMA en 2006.

L’AMA a donc dû trouver un nouveau partenaire pour la production et la distribution à grande échelle des kits d’anticorps.

Quand la méthode de détection basée sur les biomarqueurs sera-t-elle mise en place?

Conformément à sa politique, l’AMA ne divulgue pas le moment où elle met en place de nouvelles méthodes de détection.

Un processus de développement établi est suivi entre le stade de la recherche et la mise en place d’une méthode de détection adaptée aux fins de la lutte contre le dopage.

En outre, avant de mettre en place une méthode de détection, l’AMA doit s’assurer que cette méthode puisse répondre aux possibles questions scientifiques et juridiques.

Y a-t-il eu des cas de dopage à l’hormone de croissance?

Oui. Outre un certain nombre de cas impliquant la possession d’hormone de croissance, l’agence antidopage du Royaume-Uni (UKAD) a annoncé, le 22 février 2010, le premier cas de dopage impliquant un contrôle positif à l’hormone de croissance. Le 8 septembre 2010, le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) a annoncé le premier cas de dopage impliquant un contrôle positif à l’hormone de croissance en Amérique du Nord.

Cliquez ici pour le communiqué de UKAD (en anglais).

Cliquez ici pour la déclaration de l’AMA à propos de ce cas.

Cliquez ici pour le communiqué du CCES.

Pourquoi y a-t-il eu peu de cas positifs à ce jour?

Le test a été introduit aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004 et utilisé dans quelques autres grandes compétitions sportives. L’immense majorité des contrôles réalisés par les organisations antidopage l’ont été en compétition. (L’AMA n’est pas une agence de contrôles.) Cependant, l’hormone de croissance étant souvent utilisée par les tricheurs hors compétition pour optimiser la performance, le test est plus efficace quand il est utilisé dans une stratégie de contrôles hors compétition sans préavis.

Par ailleurs, afin de s’assurer que, dans le cadre des cas poursuivis, les possibles questions scientifiques et juridiques puissent être bien couvertes, les critères retenus pour un résultat d’analyse anormal à l’hormone de croissance ont été établis de manière très conservatrice.

L’utilisation d’informations recueillies et de stratégies de contrôles ciblés par les organisations antidopage, ainsi que des critères plus discriminants au fil des avancées de la science, devraient contribuer à mieux détecter l’abus d’hormone de croissance.

Est-il possible qu’un test de l’hormone de croissance basé sur l’urine soit développé?

Selon la majorité des experts internationaux, le sang est la matrice la plus appropriée pour la détection de l’hormone de croissance. L’hormone de croissance dans l’urine n’est détectable qu’en quantité extrêmement limitée (moins de 1 % de la quantité détectée dans le sang).

L'AMA collabore actuellement avec des équipes de recherche pour explorer les possibilités de développer des méthodes de détection de l'hormone de croissance basées sur l'urine.

Les échantillons de sang peuvent-ils êtres conservés?

Congeler une fraction liquide du sang (sérum ou plasma) est une solution acceptable scientifiquement permettant de préserver des substances dans les échantillons pour un contrôle et une détection futurs.

La recherche a montré que l'hormone de croissance reste très stable dans le sérum ou le plasma congelé.

L'AMA encourage les organisations antidopage ayant adopté le Code mondial antidopage à conserver les échantillons de sang dans les cas appropriés. Le Code mondial antidopage permet d'ouvrir une procédure disciplinaire dans les huit ans à compter de la date de la violation des règles antidopage.